Craziness Therapy

Liverpool v Chelsea - FA Cup Final« une fois !!! Monsieur l’arbitre, je n’ai foutu la merde qu’une fois aujourd’hui »

« ce type est né hors-jeu »: au temps de sa splendeur, Sir Alex Ferguson avait réussi à définir Filippo Inzaghi mieux que personne. En janvier 2013, Fergie avait ajouté une citation de plus à son dictionnaire en qualifiant Luis Suárez d« aimant à polémiques ». Et force est de constater qu’il est difficile de mieux résumer le cas Suárez. L’Uruguayen est toujours dans les mauvais coups: une embrouille dans un match auquel il participe, et vous pouvez être sûr qu’il est dans les parages. Mais ne jamais oublier une chose: avant ou après, il fera parler son talent et se soignera en faisant trembler les filets. Suárez veut prouver au monde entier qu’il est le meilleur et se moque éperdument des commentaires négatifs d’autrui. Montré du doigt par toute la planète football depuis des années, Luis le cannibale est pourtant en train de se racheter une conduite grâce à des performances de très grande classe. Son fabuleux quadruplé contre Norwich City confirme ses chiffres totalement dingue (14 buts en 10 matchs cette saison). Malgré tout, il reste celui qu’on adore détester. Un joueur qui se nourrit de sa folie pour marcher sur l’eau.

Impossible à cerner dans sa tête comme dans son football, Luisito est une énigme. Ce genre d’attaquant rare, capable de rater l’immanquable mais surtout de réussir l’impensable. Le meilleur buteur actuel de Premier League ne fait rien comme tout le monde et aime se compliquer la tâche. Un slalom entre quatre défenseurs reste pour lui une solution comme une autre. Et si cela ne fonctionne pas, on change de visage et on passe en mode rusé… voire vicieux.
Une fourberie naturelle qui a explosé aux yeux du monde un soir de quart de finale du Mondial 2010 à Johannesburg: en repoussant de la main la tête du Ghanéen Adiyiah à la 120ème minute, l’Uruguayen entre dans l’histoire de la Coupe du monde en défonçant la porte du « football juste ». Mais celui qui a brisé le rêve de l’Afrique n’en a que faire des critiques: pour lui, l’essentiel est de gagner et peu importe la manière.
Après une telle sournoiserie, certains se seraient calmés, ou auraient du moins essayé. Suárez, lui, passe la vitesse supérieure et s’en va foutre le bordel au pays du football: insultes racistes envers Patrice Evra, semelle sur Sylvain Distin, kick sur Scott Parker, bagarres et simulations en tout genre avec pour dessert final la morsure sur Branislav Ivanovic. Un CV qui fait couler beaucoup d’encre mais qui fascine. Déjà coutumier des frasques aux Pays-Bas lorsqu’il sévissait à l’Ajax, El Pistolero a su redonner du tempérament à une Premier League qui commençait cruellement à en manquer. Plus que ses buts, c’est peut-être là son plus bel exploit. Car avec Suárez, on sait que tout peut arriver. Le meilleur comme le pire. Qu’on aime ou qu’on le déteste, voir évoluer Luis Suárez sur un terrain de football reste un moment particulier. Si le numéro 7 est irritable comme peu par ses exagérations permanentes, il est avant tout magnifique dans ses prises de balles, son abnégation, ses coups de génie. L’Uruguayen est le symbole même du pourquoi le football dépasse la raison: comment ne pas aimer le meilleur joueur de la Copa America 2011? Pourquoi ne pas s’incliner face à celui qui sait tout faire sur une pelouse et qui enchaine les petits ponts comme on respire? Peut-être parce que ce joueur se situe en permanence entre la frontière du talent et celle de l’inadmissible. Une sorte de « tête à claques des buts ». Un paradoxe ambulant, capable d’être le plus malin d’entre tous sur une occasion avant de disjoncter l’action d’après, où quand la grinta devient incontrôlée.
Comme si ils étaient plusieurs dans la tête du goaleador des Reds: fou génial un jour, pleureuse brutale un autre. Son envie de vaincre le pousse à dépasser les bornes et à en découdre dès que l’opportunité se présente. Suárez ne se débine jamais: lors de ses retrouvailles avec Evra, il refuse de lui serrer la main au moment même où les fans de foot s’attendent tous à l’enterrement de la hache de guerre. LS7 est le roi du contre-pied, sur et dehors du terrain.
Mieux encore, il joue de cette image. Pendant sa suspension du début de saison, il accepta de mettre en avant ses caractéristiques dans une publicité qui est d’ores et déjà à ranger au panthéon de l’autodérision.
Depuis il poursuit sa thérapie en claquant pions sur pions et on attend déjà juin prochain où il sera l’une des attractions principales de la prochaine Coupe du monde. Tombé dans le groupe de la mort (Italie, Angleterre, Costa Rica), la Celeste pourra compter sur sa combativité qui sera un atout non négligeable dans ce qui s’annonce comme une lutte de tous les instants. Et en cas de but, on attend avec délectation la célébration qui pourrait en froisser plus d’un. Car l’extravagance du nouveau roi d’Anfield ne s’exprime jamais aussi bien qu’après un caramel.
A l’époque où il était l’entraineur d’Everton et à quelques jours du grand derby de la Mersey, David Moyes avait eu la mauvaise idée de titiller le phénomène de Liverpool en l’accusant d’être un plongeur. Résultat, Luis Suárez avait claqué et ne s’était pas gêné pour régler ses comptes à sa façon. Entre folie et génie, comme toujours.

JB

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