Tout seul

79293« je vous entends plus »

Selon les évangiles, Jésus eu recours à la multiplication des pains. Sous le maillot du Real Madrid, CHRISTiano l’imite en décuplant les buts. Et là, ce ne sont pas des croyances mais des faits: 25 buts en 18 matchs depuis le début de saison, 63 pions en 54 matchs sur 2013, 225 caramels en 216 matchs officiels avec le Real pour un ratio de 1.04 but/match qui le place tout en haut de la hiérarchie madrilène #miracleréel
Malgré ses chiffres ahurissants, l’extraterrestre de Madère ne fait pas l’unanimité dans la planète football. Jamais un joueur aussi dominateur n’a été autant critiqué, moqué, rabaissé. Cette injustice de traitement envers Cristiano Ronaldo tient à deux choses: son nom de famille et surtout à la comparaison avec son rival.

Ronaldo. Un blaze mythique du football, qui représente pour toute une génération la beauté ultime du ballon rond. Un phénomène qui à lui seul révolutionna son sport. Par ses accélérations, ses dribbles, sa folie, le Ballon d’Or 1997 et 2002 éclaboussa les yeux du monde entier comme peu avant lui. Un séisme footballistique dont personne ne s’est relevé. Tout le monde aimait Ronaldo, et le soucis se situe exactement là pour la star du Real Madrid: succéder à l’intouchable dans une ère où confronter les époques est devenu le passe-temps préféré des passionnés. Peu importe si les deux ont pour similitude le combo vitesse-puissance-technique. Tant pis s’ils sont les symboles même de ce qu’est le sport spectacle. Dans l’inconscient, il n’y aura à tout jamais qu’un seul Ronaldo. Il est d’ailleurs amusant de constater qu’à chaque fois que l’on évoque le Brésilien, la majorité tient bon de rajouter « Ronaldo, le vrai« . Façon de rappeler en permanence que la version portugaise n’est qu’une vulgaire contrefaçon… Le soucis c’est que niveau imitation, on a clairement vu pire.

Car après avoir marché sur l’Angleterre (à l’époque où la Premier League était solide), le cyborg décide d’aller chercher son plus grand adversaire sur son propre terrain pour lui disputer le titre officieux de meilleur joueur du monde.
Sa rivalité avec Lionel Messi reste l’immense problème de sa carrière. A cause tout d’abord du génie indéniable de l’Argentin qui de son côté fait tomber les records de façon vertigineuse. Mais ensuite et surtout à cause de la folie délirante (et fatigante) qui entoure le Barca depuis près de 10 ans. De fait, le club catalan est mis en avant comme aucun autre dans le monde: de l’identité (Més Que Un Club) au système de jeu (le Tiki-Taka) en passant par le centre de formation (La Masia), tout y passe et repasse. La dette de près de 450M? Connais pas. Le Barca c’est la perfection et Lionel Messi en est sa plus belle vitrine.

gaine ton style

Messi, la petite puce qui rend dingue les défenses avec son physique d’adolescent face à Cristiano, le beau gosse bodybuildé arrogant? Du pain bénit pour les médias qui devient vite garni avec l’arrivée de José Mourinho à l’été 2010.
La rivalité entre les deux clubs se transforme en guerre et voit la presse choisir clairement son camp. Les bons petits catalans d’un côté, constamment victimes de l’agressivité des méchants madrilènes de l’autre. Pas un mot sur les simulations incessantes des Busquets, Fàbregas ou les provocations des Villa, Alves et consort. Le Barca c’est beau, magique et ça gagne face à la violence de Madrid et à l’égo surdimensionné de son coach. Mieux encore, le duel des deux stars tourne à la correction avec un Messi qui devient l’assassin silencieux et domine la pleureuse gominée.
A partir de là, les performances de Cristiano ne sont plus jugées à leur juste valeur. A lire ou à entendre les journalistes, un gouffre sépare les deux joueurs. Pourtant depuis la fameuse manita de Novembre 2010, la tendance tend vers l’équilibre. Et lorsque l’on se penche sur les chiffres, le Portugais n’a clairement pas à rougir. Loin de là même:
– en Liga, CR7 possède 17 triplés et 2 quadruplés sur le CV; contre 15 et 2 pour un Messi qui a pourtant participé à 109 matchs de plus.
– lors de leur confrontation dans les divers Clásico, Cristiano a scoré 12 fois contre 11 pour Messi !!! Au cours de l’année 2012, il devient le premier (et seul joueur à ce jour) à inscrire au moins un but dans six Clásico consécutifs.
– en 2010-11, Ronaldo pique le titre de Pichichi des pieds de ‘La Pulga’ en étant le premier joueur à claquer 40 pions lors d’une saison espagnole.
– en LDC, le Madrilène devrait passer dans quelques jours la barre des 10 buts minimum pour la troisième année consécutive, ce qui n’a jamais été fait.
– 19 coup francs direct au compteur du cyborg histoire de dépasser un certain Ronaldinho, référence ultime du championnat espagnol.
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Dos à dos
Reste que si le palmarès entre les deux lascars tourne nettement à l’avantage du Barcelonais, le plus prestigieux est de savoir d’où l’on part.
Messi a grandit dans un club idéalement structuré, qui possède une vraie identité de jeu dans laquelle ses caractéristiques peuvent s’exprimer à la perfection. Après avoir mûri aux côtés des Ronaldinho, Deco et autres Eto’o, il évolue au sein d’un collectif parfaitement huilé, avec le tandem Xavi-Iniesta en métronome, Busquets juste devant Carles Puyol, qui est vite soutenu par Gerard Piqué: autant dire qu’on a connu pire comme environnement pour prendre son envol.

Dès lors partir de la Catalogne n’a jamais effleuré l’esprit de l’Argentin et là est toute la différence avec son « meilleur ennemi »: quand Messi reste à Barcelone afin de garder son petit confort, CR7 choisit la difficulté en changeant de championnat pour aller dans un club qui vient de se faire gifler par son plus grand rival (personne n’a oublié le mémorable 2-6 à Santiago Bernabeu de Mai 2009). Un choix qui caractérise le bonhomme: le boss de Manchester veut marquer le football à coup de challenge et le Real Madrid est son plus grand pari.
Club le plus médiatique au monde, la Maison Blanche vit constamment dans l’urgence: chaque défaite est synonyme de crise, tous les matchs sont décortiqués à la loupe, l’argent investit doit être vite rentabilisé et par conséquent les résultats doivent tomber immédiatement. Niveau pression, difficile de faire mieux, surtout quand le concurrent historique écrase tout en émerveillant le monde entier.
Ronaldo connaissait les enjeux en venant dans la capitale espagnole et son choix force le respect. Prendre des risques, se mettre en danger en voulant battre le meilleur; n’est-ce pas là l’essence même d’un véritable champion? Bien qu’il n’est pas (encore) remporté la fameuse Décima, Cristiano a pour premier mérite d’avoir remis sur la carte de l’Europe le Real Madrid avec trois demi-finales de suite en Ligue Des Champions: insuffisant certes, mais pas mal pour un club qui n’avait plus atteint ce stade de la compétition depuis… 2003. Dans ce laps de temps, le Real a tout connu: quelques succès oui mais surtout beaucoup de désillusions. Aucune stabilité avec la période Galactique qui fut suivi de l’ère Calderon avec pour point commun la valse des entraineurs. Quand Ronaldo débarque en Espagne, c’est loin d’être le paradis et il a tout à y perdre.

Réussir dans l’ombre de Messi en faisant aussi bien que lui n’est pas un mince exploit. Lui passer devant dans la hiérarchie mondiale à coup de « calma calma » et autre salut militaire non plus. Dorénavant Cristiano ne s’épanche pas, il sanctionne: mettre but sur but et gagner restent ses meilleures réponses pour balayer la préférence des hauts placés et divers médias. Le tout avec une assurance et une franchise qui détonnent face au monde des bisounours de Catalogne: « je suis beau, riche et un grand joueur », où comment dire tout haut ce que tout le monde refuse d’admettre. Certains mettent du temps à accepter l’évidence, c’est pourquoi le natif de Funchal empile les matchs de mammouth histoire de bien clarifier les choses: n’en déplaise aux rageux, la chance de notre époque est de voir évoluer Lionel Messi ET Cristiano Ronaldo en même temps. Deux légendes qui se tirent mutuellement vers le haut. Mais il faudra toujours garder en mémoire que l’un est parti défier l’autre, malgré le désamour du public qui le jugeait trop irritant. Oui Ronaldo ne fait pas dans la demi-mesure et c’est justement ce qui fait toute sa grandeur. Un professionnel exemplaire qui a su faire oublier ses trop nombreuses simulations de début de carrière et qui atteint aujourd’hui une maitrise totale de son football. Longtemps raillé, devenu la risée de la profession suite à ses quatre deuxième place au Ballon d’Or, le martien floqué du 7 est entrain de mettre tout le monde dans sa poche. ENFIN.
Un CR7 qui frappe de plus en plus fort à la porte du top 10 de l’histoire, grâce à une régularité qui dépasse l’entendement et à des statistiques qui donneraient la migraine à un lauréat de la Médaille Fields. Sa présence à la prochaine Coupe du monde en Juin prochain devrait être un souhait pour tous les fans de ballon rond: après son but de la tête à l’aller contre la Suède, on se doit d’espérer un nouveau golazo du Portugais afin de le voir au Brésil. Cela récompenserait de la plus belle des manières une année 2013 d’extraterrestre.
Et qui sait, peut-être que Canal+ nous programmera en fin d’année une soirée spéciale Cristiano Ronaldo comme elle l’avait fait l’an passé pour son idole Messi.

JB

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