Tottissimo

AS Roma's Totti celebrates after scoring against Inter Milan during their Italian Serie A soccer match in MilanUne tétine pour une praline

En quarante-cinq minutes hier soir à Milan, Francesco Totti a rappelé à la planète football combien l’âge n’avait pas d’impact sur la classe naturelle d’un joueur. A l’instar d’un Javier Zanetti avec l’Inter, Totti vieillit mais reste incontournable à son club. Une mi-temps qui a d’ores et déjà marqué la saison 2013-14 de football. Une frappe ras-de-terre de 20 mètres, un penalty (sa spécialité) et un combo jongle-passe aveugle pour lancer une contre-attaque qui amènera le 0-3 à une Roma qui ne touche plus terre. Une fois de plus, le génie a parlé. Une fois de plus, le public reste subjugué.

542 matchs de Serie A pour 230 buts grâce à des gestes qui ont marqué le Calcio à tout jamais: de son lob magistral lors du derby romain en 2002 à celui contre l’Inter en 2005 en passant par sa volée du gauche à Gênes fin 2006 et sa ribambelle de coup-francs, il a toujours su régaler le public de sa technique et de sa puissance. Mais ce qui fascine plus que ses buts, c’est sa capacité à rendre le football plus beau qu’il ne l’est. Un contrôle, une ouverture, un dribble, une talonnade; avec Totti c’est le répertoire du ballon rond qui est passé en revue. Un véritable « fuoriclasse », ce joueur à part en Italie: n°10 de l’AS Rome à vie, LE romanista par excellence réussit encore à donner du pur plaisir à 37ans passé. Pour la simple et bonne raison que Francesco joue avant tout avec sa tête. De fait hier, il a encore évolué en marchant et cela ne l’a pas empêché d’éclabousser la rencontre de toute sa classe. A une époque où la majorité des formateurs pense qualités physiques avant qualités techniques, il est toujours aussi savoureux de constater que le QI foot reste primordial.

Le revoir en sélection lors de la prochaine coupe du monde est un doux rêve pour tous les amoureux du football. Histoire tout d’abord de prolonger le bonheur, et aussi de nous faire retomber dans la nostalgie: comme celle par exemple de l’Euro 2000 qu’il illumina de bout en bout, avec notamment une panenka de légende lors de la séance de tirs aux buts en demi-finale contre la Hollande. Voir celle du Mondial 2006, où loin d’être rayonnant il montra au monde entier que la pression n’avait aucune emprise sur lui: un penalty dans les arrêts de jeu contre l’Australie en 1/8ème pour avancer un peu plus vers le sacre ultime, qui ira si bien avec son titre de meilleur passeur de la compétition.
Cesare Prandelli a encore fait savoir en Mars dernier qu’il aimerait le revoir avec la Squadra Azzurra, lui qui est dans une politique de renouvellement… mais il est difficile de résister à la tentation d’avoir sous ses ordres un tel talent, qui plus est quand on peut l’associer au cerveau d’Andrea Pirlo.

Mais à l’heure actuelle, « Le Gladiateur » ne pense qu’à son amour de club. Bien sûr, Totti et sa Roma auront beaucoup de mal à maintenir ce rythme de fou furieux (7 victoires en 7 matchs) et un nouveau Scudetto, tant attendu depuis 2001, est encore très loin. Bien sûr, les problèmes physiques vont peut-être revenir et il est évident que sa prestation d’hier ne se renouvellera pas chaque week-end. Mais ne serait-ce que pour son élégance balle au pied et ce charisme unique, on se doit de profiter de ce joueur au combien mythique, reconnu partout dans le monde et adulé comme personne à Rome.
Dans la capitale italienne, Francesco Totti est plus populaire que le Pape, et il ne serait pas étonnant de le voir canoniser un jour.

JB

Publicités


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s