Pur 100

32e5eOpération coup de poing, Serbe nique tout

Être numéro un mondial de tennis n’est pas donné à tout le monde. Depuis 1973, seul 25 joueurs sont parvenus à montrer sur le trône. Certains de façon anecdotique (Rafter, Moya, Rios, Muster, Kafelnikov), d’autres de façon plus prestigieuse. Parmis eux, seulement neufs joueurs ont réussi l’exploit de passer 100 semaines ou plus en tête du classement ATP. Le dernier en date est Novak Djokovic, qui depuis lundi a rejoint les Federer, Sampras, Lendl, Connors, McEnroe, Borg, Nadal et Agassi. Un exploit à la mesure du bonhomme.
Car « Nole », malgré ses 26ans, a déjà marqué le jeu de son empreinte.

Ce qui force l’admiration chez Djokovic c’est avant tout son mental, cette aptitude inouïe à revenir de l’enfer et à se sublimer dans les grandes batailles de raquettes. A lui seul, le « Djoker » a plus de classic que l’ensemble du rap français. Des matchs tous aussi fou les uns que les autres, avec pour dernier exemple marquant le duel face à Nadal lors de la finale de l’US Open début septembre. L’Espagnol, son plus grand rival, avec qui il prend un malin plaisir à se buter tout au long de l’année. Leur rivalité peut s’apparenter à une véritable partie d’échec digne d’un Kasparov-Karpov de la bonne époque. Chacun connait l’autre par cœur, s’adapte et retravaille son jeu pour faire ce petit coup supplémentaire qui changera la donne. Et si Nadal a clairement repris l’ascendant en cette année 2013, personne ne peut oublier que le début du règne de « Djoko » a vu le jour grâce à une incroyable série de sept finales de suite remportées contre le gaucher !!! Le tout en l’espace de dix petits mois et sur trois surfaces différentes (sic). En tenant la cadence physiquement et en revers face au lift du roi de Manacor, le Serbe a mis le doute dans la tête de son adversaire, ce qui restera à tout jamais sa plus grande victoire. Un exploit qui symbolise sa domination sans partage dans une année 2011 de gala, où seul un Federer des grands jours le priva d’un éventuel Grand Chelem lors d’une demi-finale épique à la Porte d’Auteuil.
Cette monarchie absolue, « Djoko » l’a doit à une remise en question suite à l’Open d’Australie 2010 où il toucha le fond physiquement en 1/4F. Sur dur, dans son tournoi qui deviendra plus tard son bébé (4 titres, dont trois consécutifs), il explosa littéralement après trois sets contre Tsonga.
Depuis ce jour, le Serbe adopte un régime sans gluten, devient plus « fit » que jamais et recadre définitivement le tir. Dans sa tête, tout lui semble alors possible et il abat un par un ses adversaires; à coup de points hallucinants lors de marathon comme en témoigne le final contre Stanilas Wawrinka à Melbourne en 2013.

Car Djokovic restera aussi à tout jamais dans l’histoire pour ses nerfs d’acier. Un clutch player comme on en avait jamais vu et qui a renversé des situations qui semblaient inespérées. Pour lui, une balle de match à sauver est un point comme un autre, et par conséquent il le remporte très souvent. Federer (1/2F US Open 2010 et 2011), Tsonga (1/4F Roland Garros 2012) et Murray (finale du Masters de Shanghai) peuvent en témoigner.
Alors oui, le Serbe perdra sûrement d’ici quelques jours, voir quelques semaines, son statut de number one au profit de Rafael Nadal; mais ce qu’il a déjà accompli le place d’ors et déjà au panthéon du tennis. Par son charisme, sa folie mais aussi son fair-play et son retour de service (le meilleur de l’histoire du jeu) Djokovic est un de ces sportifs qui aura marqué son époque.
La plus mauvaise nouvelle pour ses rivaux est le fait qu’il lui reste une marge de progression. Au filet tout d’abord, où son smash notamment n’est pas au niveau pour un joueur de sa trempe. Sous la chaleur ensuite où il subit de nombreux passages à vide, parfois rédhibitoire comme à Roland Garros ou Wimbledon cette année. Dans ses débuts de matchs enfin, où il est parfois endormi et tarde à se mettre en route: ce côté diesel qui a failli lui coûter la demi-finale à l’US Open il y a un mois et l’oblige à jouer plus longtemps.
En gommant tout cela, on peut se demander ce qui empêchera Djokovic de redevenir Novak le crack.

JB

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