A en perdre Allen

301109580-20142625L’annonce de la retraite à venir d’Allen Iverson via le site SLAM est tombée hier dans la soirée. Ce communiqué ne fait pas l’effet d’une bombe étant donné qu’A.I est absent des parquets NBA depuis 2010 et qu’aucun retour n’était prévu. Mais il a pour principal effet de rendre nostalgique toute une génération qui vient de perdre l’un de ses joueurs les plus emblématiques. Car à lui seul, « Ivy » aura marqué le monde de la balle orange comme peu.

Allen Iverson, c’est avant tout une histoire. Celle d’un gamin né d’une mère enceinte à 15ans, qui grandit dans un univers pauvre et violent. Doué pour le sport, sa carrière manque d’être stoppée net après une bagarre dans un bowling: blancs et noirs se cognent dessus, Allen est accusé d’avoir frappé une femme avec une chaise. Le verdict tombe et il est plus que lourd: 15 ans de prison !!! Mais après quatre mois au placard et avec le soutient du gouverneur, il est libéré et la story peut alors commencer… dès le lendemain de sa sortie: en effet, dans un match l’opposant aux meilleurs prospects de l’État, il inscrit 40pts. Une anecdote à l’image du bonhomme, à savoir complètement surréaliste.

Natural Born Scoreur
Car Iverson est venu au monde pour marquer des points. Beaucoup de points.
En NCAA, il tourne à 22.9pts de moyenne en deux saisons à Georgetown. En NBA, il termine meilleur marqueur à quatre reprises: seul Wilt Chamberlain et Michael Jordan ont fait mieux, alors que George Gervin l’accompagne sur le podium. Oui mais voilà, A.I n’est pas pivot ou n’avoisine même pas les 2m: il mesure dans les 1m80 et c’est tout sauf un soucis pour lui. Sur le terrain, il trouve toujours la réponse aux problèmes, d’où son surnom « The Answer ». Durant toute sa carrière, le petit n’a cessé d’aller défier les grands et ça donne au moment de la retraite une moyenne de 26.7pts pour presque 25 000 pions au compteur. A 89 reprises il dépassa la barre des 40pts, à 14 celle des 50pts pour une pointe à 60 caramels le 12 février 2005 contre Orlando.
Dès sa saison rookie, la couleur était pourtant connue quand il enchaina cinq matchs à 40pts ou + dont 50 contre Cleveland. Seulement Allen Iverson est indéfendable et sa passion pour le scoring écartela plus d’une équipe. Sous l’emprise de Larry Brown, il évolua à son sommet au poste de deuxième arrière qui lui offrait moins de pression que celui de meneur tout en lui laissant une immense responsabilité à la marque. Magnifique intercepteur de ballon, il régala le public de son talent irréel et de sa capacité à manier le cuir.
Car plus que les chiffres c’est principalement l’empreinte laissée sur le jeu qui aura marqué la planète basket. Un moove tout d’abord, le fameux crossover qui fit les beaux jours des Top 10 de l’époque. Dribble magique que le monde entier rebaptisa « Ankle Breaker » en hommage aux chevilles brisées par le fantasque Allen.
Iverson c’est aussi une saison de légende, celle de 2000-01 qui restera dans l’histoire comme l’une des plus folles sur le plan individuel. De fait, « The Little Big Man » remporta le titre de MVP du All Star Game (avec 15pts dans les neufs dernières minutes pour le #3), le trophée de MVP de la saison (31.1pts-4.6pds-3.8rbs-2.5stls) et emmena les Sixers en tête de la conférence Est (56V-26D). En playoffs, le phénomène frappa encore plus fort: 32.9pts de moyenne avec notamment un affrontement mythique contre Vince Carter (lors duquel il devient le seul joueur de l’histoire avec Jordan en 1988 à passer deux fois la barre des 50pts dans la même série), 44pts lors du Game 7 contre Milwaukee pour aller en finale NBA et 48pts pour débuter celle-ci. Certes, les Lakers sortiront vainqueur de l’ultime duel mais A.I évolua dans une autre dimension cette année-là.
Enfin « Ivy » c’est aussi et surtout un style qui a inspiré toute une génération. Tatouages, bling-bling, hip-hop, arrogance, folie et déchéance sont au menu de ce joueur à part. Symbole par excellence de l’anti-NBA qu’a toujours rêvé le grand boss de la ligue, David Stern. Touchant pour les uns, énervant pour les autres; Iverson a su trouver la reconnaissance d’autrui par son courage, sa volonté de gagner et son sens du sacrifice. Son départ de Philadelphie pour Denver marqua un véritable tournant dans sa carrière, son arrivée à Detroit suivit de son passage à Memphis et son retour à Philly furent le début de la fin. A cause de nombreux problèmes personnels et d’un mal-être évident, il ne retrouvera jamais l’équilibre dont un joueur NBA a besoin. Triste de constater la chute d’une idole ruinée, qui évita d’un rien la case prison pour pension alimentaire non versée. L’argent a tué Iverson, lui qui dépensait fin 2012 près de 360 000$ par mois… alors qu’il n’en touchait « que » 63 000. Où comment résumer toute la démesure du gamin.

Mais personne ne pourra jamais retirer ses exploits et son charisme de la tête des fans. Le respect également, envers un joueur qui joua souvent blessé ou diminué et qui n’arrêta jamais le combat avant le gong final. Pour tout ça, on lui pardonne ses matchs à 35 tirs, ses saisons à plus de 4to par soir, son manque de rigueur à l’entrainement ou encore son 42.5% en carrière aux shoots.
Il restera à tout jamais un des derniers joueurs romantique de la Ligue, un phénomène de son époque, une chance pour les amateurs de basket, un choc visuel permanent; bref celui pour qui se lever la nuit n’était pas une corvée mais un devoir.

JB

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2 commentaires on “A en perdre Allen”

  1. Bel hommage, je n’étais pas spécialement fan du bonhomme, mais c’est peut-être le mec le plus courageux que j’ai jamais vu, surtout vu son gabarit. On oublie vite sa saison 2004-2005 où malgré qu’il soit repassé meneur de jeu, il avait fait une année digne de 2001 avec plus de 33 pts par match!

    • coup2sport dit :

      2004-05 m’avait énormément bluffé car j’le sentas incapable de ressortir une telle saison.
      L’arrivée de Webber m’avait redonné espoir pour voir les Sixers aller loin, grave erreur


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