Champions d’exception

Rafael+Nadal+Rafael+Nadal+Spain+clinches+French+IcCpvDipw9UlIls sont tous les deux nés en 1986, et les superlatifs pour les qualifier ont déjà tous été utilisés. Pourtant, Usain Bolt et Rafael Nadal défient en permanence les lois de la logique: le premier répond présent à l’instant T quand le second s’inscrit sur le long terme. A coups d’exploits stratosphériques, les deux monuments renforcent chaque jour un peu plus leur propre légende. Ils étonnent les spécialistes du sport qui pensaient avoir tout vu de leurs possibilités. Talent et mental sont les ingrédients d’un cocktail qui saoulent certains et emmènent tous les autres au septième ciel.

Là où Nadal doit faire face à une concurrence énorme, Bolt écrase l’adversité en lui mettant des baffes à chaque rendez-vous.
100m-200m-relais 4x100m. Trois courses. Trois tarifs identiques. Comme à Pékin en 2008… Comme à Berlin en 2009… Comme à Londres en 2012… En Russie, « L’éclair » a une nouvelle fois remporté ses trois médailles d’or, avec facilité et charisme pour ne rien changer. Une razzia monumentale devenue une simple habitude. Car là où le Jamaïcain est un homme à part c’est que ses victoires sont jugées « normales » et qu’il banalise des chronos qui semblaient irréels il y a encore quelques années: 9″77 et 19″66, sans forcer et voilà les spectateurs à peine surpris !!! Des temps qu’il a rendu commun au fil des grands rendez-vous de l’athlétisme. Pourtant, ses finales dépassent l’entendement en étant pliées dès les trois quarts de la distance pendant que les séries et autres demi-finales s’apparentent à des footing en public.
Impeccable tout au long de la semaine, le Roi Usain a lavé l’affront de Daegu où il fut disqualifié au départ de la finale du 100m. Son palmarès pourrait être placé en Suisse tant il est remplit d’or.
Cependant, après ses déclarations d’amour pour le sprint, le fantasme de le voir évoluer sur 400m s’envole. Peu importe, l’essentiel est ailleurs: il suffit de contempler ses foulées pour tout oublier, et attendre deux ans avant le prochain rencard de l’athlé semble déjà être une éternité.
En 2015, les championnats du monde se dérouleront à Pékin, lieu des premiers exploits de La Foudre: il s’y rendra pour devenir l’athlète le plus titré de l’histoire avant de tenter un énième triplé olympique à Rio de Janeiro en 2016.

De son côté, Rafael Nadal n’a pas perdu ses bonnes habitudes de 2013. Pour la deuxième fois en une semaine, il a remporté un Masters 1000 sur dur contre l’hôte des lieux: en effet, après le Canadien Milos Raonic à Montréal, c’est l’Américain John Isner qui a perdu devant son public à Cincinnati. Remarquable serveur, le géant US n’a pas su faire la différence dans les moments chauds. Mais peut-on le lui reprocher quand on connait son adversaire? Car une nouvelle fois, le Majorquin a fait le « taff » grâce à son intelligence dans la construction de ses points, à sa nouvelle agressivité et surtout à la qualité de ses mises en jeu.
Comme depuis le début de l’année, son service lui a permis de trouver une issue de secours quand son jeu n’était pas aussi flamboyant que d’habitude. Pour preuve la fin du 1er set en finale: mené 6-5 et 15/40 par Isner, l’Espagnol décroche un gros service suivi d’un ace pour égaliser avant d’enchainer un service kické sur deuxième balle (pour un nouvel ace) et un slice extérieur pour forcer un tie-break.
Lors de la première manche contre Tomas Berdych en demi-finale, Don Rafael frappa à 79% de réussite sur son premier service et ne concéda que quatre petits points sur ses mises en jeux !!!! Des chiffres ahurissants qui le rendent encore plus effrayant pour ses rivaux. Surtout que physiquement, tout semble tenir la route. Contre Grigor Dimitrov, il est poussé à un troisième set malgré une nette domination: pas bien grave, un 6-2 plus tard et l’affaire est classée.
Pour ajouter au plaisir, le tableau du tournoi a accouché du 31ème Nadal-Federer de l’histoire… pour un scénario déjà vu maintes et maintes fois à présent. De fait, le Suisse remporta la première manche avant de craquer sous les coups de Mr Lift. Une magnifique confrontation de 2h15 qui fait encore un peu plus pencher la balance en faveur de Nadal: 21 victoires à 10, 7-2 sur dur extérieur; comme quoi le déclaré « meilleur joueur de tous les temps » n’est pas celui que la presse nous vend.
Grâce à ce 26ème titre en Masters 1000, El Matador redevient de nouveau numéro 2 mondial en attendant de récupérer logiquement son trône: avec un bilan effarant de 15V-1D contre les joueurs du top 10 cette année, ce n’est qu’une question de semaines.

Malheureusement, cette domination permanente des deux extraterrestres agace dans l’Hexagone. Au lieu de se réjouir d’être spectateur de ces moments de sport uniques, nombreux sont ceux qui évoquent un ennui (sans compter les suspicions récurrentes de dopage): la plupart préfère jouer la carte de la frustration plutôt que de revendiquer un statut de privilégié. Ce mal français reste pourtant incompréhensible: comment ne pas être émerveillé par un coup droit lasso de Nadal ou un virage d’Usain Bolt? Les deux phénomènes devraient être considérés comme des exemples par tous les amateurs de sport. Des critiques qui restent une anomalie devant cette incroyable routine. C’est une véritable chance que d’être contemporain de ces exploits. Beaucoup se rendront compte de leur valeur et de leur impact quand ils prendront leurs retraites: il sera alors trop tard donc profitons, profitez !!!

 

JB

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