Top 5 Championnats du Monde Athlétisme, Numéro 2: BERLIN 2009

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Lors des Jeux Olympiques de 2008, la foudre s’était abattue sur le Nid d’Oiseau de Pékin: trois médailles d’or, trois records du monde pour le seul Usain Bolt. Une claque pour l’histoire. Un an plus tard, le roi de Jamaïque remet le couvercle et pas à feu doux: 9″58 sur 100m et 19″19 sur 200m pour deux chronos jamais imaginés, 37″31 au relais 4x100m avec un nouveau record des championnats. Une domination sans partage, sauf avec le public: « L’éclair » donne à autrui comme il reçoit les médailles, le tout avec un sourire et un charisme sans égal.
A lui seul, il donne une dimension toute particulière à cette édition made in Germany: chacune de ses courses est un plaisir avant l’émerveillement à la vision du chronomètre. Bolt dépasse le cadre du sport en emmenant le bonheur dans l’écran plat: il réconcilie les blasés et fait devenir addict les novices. En rendant l’impossible probable, « Lightning Bolt » électrise la foule, attire les regards tout en gardant une fraicheur toute naturelle.
Pour tout cela, il restera à tout jamais le plus grand athlète de l’histoire.
Côté féminin, la razzia des Caraïbes sur la vitesse a également lieu grâce tout d’abord à la puce Shelly-An Fraser, reine du sprint. Accompagné par Kerron Stewart sur le podium du 100m, elles iront avec le tandem Facey-Bailey ramasser l’or sur le relais. De son côté, Brigitte Foster-Hylton joue la carte de l’explosivité pour gagner le 100m haies. Jamaïque encore et toujours avec Melaine Walker qui explose le chrono du 400m haies (52″42, nouveau record des championnats) et démontre que son titre olympique l’année précédente n’était pas le coup d’un soir.
Seul le 200m échappe à la fratrie jaune et verte: en effet Allyson Félix fait parler son élégance pour dominer la reine Veronica Campbell. En revanche sur 400m, ce sont les américains qui font la loi: LaShawn Merritt en impose devant Jérémy Wariner et confirme pour de bon qu’il est le nouveau boss du tour de piste.
Au sommet de son art tout au long de l’année, Sanya Richards ne pouvait pas se rater en Allemagne et efface peu à peu son immense déception chinoise.
La grosse sensation vient des Barbades où Ryan Brathwaite remporte d’un rien le 110m haies devant Terrence Trammel aka l’abonné à la médaille d’argent et David Payne.
Autre surprise avec la victoire sur 800m de Mbulaeni Mulaudzi qui empêche Alfred Kirwa Yego de faire le doublé. Yusuf Saad Kamel, bronzé sur cette distance, devient doré sur 1 500m: belle revanche pour le fils de Billy Konchellah (champion du monde du 800m en 1987 et 1991), devenu représentant du Bahrein… pays qui lui a confisqué son passeport afin qu’il ne redevienne plus kenyan. No comment.
Un Kenya qui s’installe sur la troisième marche du podium des médailles grâce à une énorme domination dans les épreuves de fond.
Sur 3 000 steeple, les rouges et noirs dominent leur sujet avec Ezekiel Kemboi et Richard Kipkemboi mais rate le triplé à cause d’un Bouabdellah Tahri déchainé qui va chercher le bronze au forceps face à Koech. Chez les femmes, le tarif est le même avec le 5 000m pour Vivian Cheruiyot et le 10 000m pour Linet Masai.
Pour couronner le tout, Abel Biriu remporte le marathon avec le record des championnats à la clé.

Loser depuis toujours, Yaroslav Rybakov met fin au supplice en remportant l’or au nombre d’essais d’un concours tristounet qui stagne à 2m32.
Steve Hooker résiste aux français Mesnil et Lavillenie à la perche alors que Dwight Phillips récupère son bien à la longueur après sa décevante troisième place à Osaka.
Phillips Idowu prend lui sa revanche sur Nelson Evora qui l’avait battu au triple saut lors des J.O de Pékin. Chez les femmes c’est Yargelis Savigne qui décroche sa seconde médaille dorée consécutive. Au poids, l’Allemand Robert Harting fait exploser tout un stade en prenant l’or, synonyme du début de sa domination sur la discipline.
Quant à la petite merveille Jessica Ennis, enfin remis totalement de sa blessure, elle est sacrée dans un heptathlon dominé de la tête et des épaules.

L’image: le malaise autour de Caster Semenya
Une étrange polémique vient un peu ternir cette fabuleuse édition. Homme ou femme, la question est posée et l’athlète fait parler d’elle sur… et en dehors des pistes. Gagnante du 800m, rageuse mais aussi triste, elle s’offre un tour d’honneur sous les applaudissements. L’IAAF, qui lui a fait passer des tests de féminité juste avant la finale, débute une enquête qui s’étalera sur plusieurs mois. La légende: Kenenisa Bekele
L’Ethiopien fait le doublé 5 000-10 000 qui vient couronner une immense année, à laquelle il faudra ajouter la Golden League. Premier combo du genre dans l’histoire des championnats, il dépasse son maitre Haile Gebrselassie. Simply the greatest.

La course: le 1 500m F
A 200m de l’arrivée, la championne en titre Maryam Yusuf Jamal est au combat avec Gelete Burka. C’est le moment que choisit Natalia Rodriguez pour passer à la corde… en force: en effet, l’Espagnole renverse l’Éthiopienne et prend la tangente pour franchir la ligne en première. Mais Rodriguez ne laisse pas éclater sa joie car elle sait déjà ce qui l’attend, à savoir la disqualification. Doublé donc pour Jamal qui avait arraché l’argent (à la base) d’un cheveu sur Lisa Dobriskey. A noter tout de même les longues excuses de l’Espagnole qui ira consoler Gelete Burka, trop tard certes. Le concours: la hauteur F
En passant 2m04 à son deuxième essai, la charismatique Blanka Vlasic écarte les collantes Anna Chicherova et Ariane Friedrich: elle remporte le titre mais surtout une victoire sur elle-même. A Pékin, sa défaite face à Tia Hellebaut fut un drame personnel et la revoir au top niveau après une telle désillusion est un sacré exploit.

La perf: Andreas Thorkildsen.
En Chine, le Norvégien avait obtenu son deuxième titre olympique de suite au javelot. Déjà couronné aux « Europe », il ne lui manquait plus que la consécration mondiale pour réaliser un triptyque inédit: c’est chose faite à l’issu d’un concours contrôlé dès le deuxième lancé.

La bavure: le choix de Yelena Isinbayeva
Comme d’habitude dans un concours de saut à la perche, La Tsarine arrive en grande favorite. Et surtout en grande confiance. De fait, elle décide de débuter son concours à 4m75 quand les autres participantes se chauffent à 4m40, voir 4m25. Problème, la polonaise Anna Rogowska franchit 4m75 et oblige la double championne olympique à faire mieux. Deux échecs à 4m80 scelle le sort de la Russe qui termine donc bonne dernière.
Deux semaines plus tard et histoire de bien lui faire regretter cette suffisance, elle bat son propre record du monde à Zurich en effaçant … 5m06.

JB.
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