Top 5 Championnats du Monde Athlétisme, Numéro 5: PARIS 2003

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Après l’édition d’Edmonton 2001, où la froideur du public canadien avait un brin plombé la compétition, l’IAAF retrouve le sourire deux ans plus tard: en effet, Paris 2003 est une réussite totale qui voit le Stade de France vibrer pour des exploits aussi surprenants que rafraichissants.
Lors du 100m homme tout d’abord où Kim Collins chope l’or en étant au couloir 1 et malgré un chrono de … 10″07 !!!
Sur 400m féminin ensuite durant lequel Ana Guevara s’impose parmi une tonne d’outsider et la championne en titre, Amy Mbacke Thiam.
Deux performances qui symbolisent à la perfection cet évènement, à savoir pas forcément des gros chronos sur les épreuves de vitesse mais des vainqueurs inédits avant tout comme John Capel sur 200m (20″30s).
Ce phénomène n’empêche pas certaines stars de répondre présent pour autant: Félix Sanchez (400m haies), Virgilijus Alekna (disque), Tatyana Lebedeva (longueur) ou encore Yipsi Moreno (marteau) sont logiquement sacrés.
La légende Maria Mutola remporte son troisième et dernier titre du 800m, dix ans après le premier: impériale tout au long de l’année, ce succès courrone une année 2003 parfaite qui verra la Mozambicaine remporter seule la Golden League.
La Canadienne Perdita Felicien bat le record national et monte sur la plus haute marche du podium du 100m haies. Côté masculin, c’est Allen « j’écrase les obstacles » Johnson qui rejoint les livres des records avec son quatrième titres sur 110m haies.

La pépite Saif Saaeed Shaheem, tout juste naturalisé qatari contre une rente à vie, arrache le 3 000 steeple de quelques mètres à Ezekiel Kemboi.
Une autre merveille, féminine cette fois, remporte le 400m haies en doublant tout son monde à 30m de l’arrivée: Jana Pittman double après son titre en junior.

La hauteur tourne au récital sud-africain: Hestrie Cloete passe toutes ses barres au premier essai jusqu’à 2m06 alors que Jacques Freitag efface 2m35 pour être sacré.
Sensation à la perche avec la victoire de l’italien Giuseppe Gibilisco et sur 800m avec le succès de l’algérien Djabir Said-Guerni.
Autre surprise, celle du décathlon qui voit un surprenant renversement de situation. Dmitriy Karpov tutoie les sommets le premier jour mais s’effondre le lendemain. Le recordman du monde Roman Sebrle devient le favori mais c’est Tom Pappas qui ramasse.
La séquence émotion a lieu lors du triple saut masculin où Jonathan Edwards dispute son dernier concours: comme une passation de pouvoir, il ira parler à Christian Olsson, successeur désigné après son 17m72 au premier essai.
Si le sprint a vu ses chronos à la baisse, on ne peut pas en dire autant des longues distances: Eliud Kipchoge (5 000m), Jaouad Gharib (marathon), Tatyana Tomashova (1 500m), Behrane Adere (10 000m), Catherine Ndereba (marathon) et Yelena Nikolayeva (20km marche) battent tous le record des championnats. Svetlana Feofanova fait de même à la perche pour mettre fin à l’hégémonie de Stacy Dragila. Quant à Jefferson Pérez, champion olympique 1996, il revient aux affaires avec une superbe victoire et un chrono ébouriffant lors du 20km marche.
Paris 2003 reste aussi dans les mémoires comme le lieu de naissance de deux extra-terrestres des épreuves de fond, Kenenisa Bekele (10 000m) et Tirunesh Dibaba (5 000m): le duo éthiopien illumine le Stade de France de leurs foulées uniques et commence une razzia impressionnante qui s’étalera sur plusieurs années. Comme un symbole, Bekele devance Haile Gebrselassie dans un monstrueux triplé éthiopien.

Le pays hôte réussit son évènement, aussi bien sur le point de vue organisation que sportif. De fait, elle s’installe sur la troisième marche du podium des pays médaillés avec 8 breloques. Parmi elles, un moment de sport unique: en même pas une heure, la France décroche deux médailles d’or dans une ambiance irréelle. La première à la longueur grâce à la folie d’Eunice Barber qui va chercher le plus beau des métaux dans un dernier saut à 6m99 !!! La seconde, avec le relais 4×100 F qui confirme son statut d’épouvantail de la discipline: au terme d’une dernière ligne droite magique, poussée par tout un stade, Christine Arron devance Torri Edwards pourtant parti avant elle. Le sacre pour « La Reine Christine » qui n’efface pas sa lamentable cinquième place sur 100m: comme quoi courir en équipe est plus simple pour gérer la pression et permet surtout de ne pas avoir recours à des excuses bidon.
D’excuses, Marc Raquil n’en a pas eu besoin lui. Avec deux médailles, il est l’un des acteurs majeurs de ces championnats. Sa folle remontée dans le 400m H marque les esprits, tout comme celle effectuée au dernier jour lors du relais 4x400m H pour la dernière course de la compétition.

L’image: Jon Drummond allongé sur la piste.
Disqualifié en quart de finale du 100m pour avoir bougé avant le départ, l’Américain entame un long cinéma à base de « I did not move »: grâce au micro bien placé, le stade entend l’intégralité du sketch et se met à siffler le ridicule. Puis à l’applaudir avant un micmac pas possible qui voit les officiels débordés par la situation. Mais dix ans plus tard, désolé Jon mais on y croit toujours pas… à un-deux-trois soleil ça pouvait passer à la limite.

La légende: Robert Korzeniowski
Le polonais décroche sa troisième et dernière médaille d’or du 50km marche. Il prendra sa retraite un an plus tard à Athènes, auréolé d’un énième titre.

La course: le 1 500m H
Le duel El Guerrouj-Baala atteint des sommets. Le français a (pour une fois) le mérite de tenir son standing et remporte l’argent au terme d’un véritable combat. Le Roi Hicham lui place une accélération dont il a le secret et s’en va prendre son quatrième titre (record) de la discipline.

Le concours: la longueur H
Le début du règne sur la discipline de Dwight Phillips: il obtient l’or à son avant-dernier essai, afin de répondre à James Beckford et Yago Lamela. L’Américain, habillé d’une combinaison intégral, vole puis danse dans un véritable one-man-show.

La perf: Carolina Kluft
La suédoise écrase l’Heptathlon de toute sa classe. Elle dépasse la barre mythique des 7 000pts, bien aidée par la concurrence d’Eunice Barber.

La bavure: le dopage made in America
Kelli White, Tim Montgomery, Jerome Young et Calvin Harrison; une belle brochette de tricheurs qui vola beaucoup de médailles et de cérémonies protocolaires aux vrais sportifs. Disqualifiés quelques années plus tard, leurs suspensions permettent aux « floués » de gagner une place à chaque course auxquels ils ont pris part… insuffisant pour monter sur le podium #ChristineArron

JB.

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2 commentaires on “Top 5 Championnats du Monde Athlétisme, Numéro 5: PARIS 2003”

  1. madmax dit :

    Ça me rappelle de sacrés bons moments d’excitation, de stress et de déception devant ma TV …


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