Gazon béni

Andy-Murray-and-Marion-Bartoli-Wimbledon-winners-2013-580x381Musée Grévin

Il l’a fait. Andy Murray a réussi son incroyable pari. Gagner un tournoi du Grand Chelem à domicile est un immense exploit. Quand il s’agit de Wimbledon et des 77 années d’attente du Royaume-Uni qui vont avec, c’est une performance légendaire. Tout au long de la quinzaine, « Muzza » a tenu bon dans la tête. Après deux tours, son tableau s’était sacrément allégé avec les surprenantes défaites de Rafael Nadal et Roger Federer. Dès lors, il ne pouvait rien faire d’autre que d’aller en finale et remporter le trophée. Mais en quart, il fut bousculé comme jamais par Fernando Verdasco. Rebelote en demi-finale face à Jerzy Janowicz. Mené au score à deux reprises, Andy est revenu et a gagné des combats. Des matchs qu’il aurait probablement perdu il y a un ou deux ans. Oui mais voilà, Murray a franchi un palier en Août 2012 lors des Jeux Olympiques. De fait, en battant Federer en finale des J.O, l’Écossais a passé un cap. Lui l’éternel loser qui essuyait tant de défaites face aux trois goinfres du circuit.

Rivalité naissante
Et quoi de mieux que de devenir un winner face au monstre du moment? Novak Djokovic, numéro 1 mondial, est devenu au fil des années son principal adversaire. Un duel qui a vu le jour un soir de janvier 2012: à Melbourne dans une demi-finale épique, les deux lascars se rendent coups pour coups pendant 4H50. Un sommet du tennis que remporte une nouvelle fois le Serbe. Mais le principal est ailleurs pour Murray, il sait dorénavant qu’il n’est plus vraiment très loin et que seul un problème mental l’empêche de gagner un Grand Chelem. Ça sera le cas six mois plus tard, à Flushing Meadows où il rafle la mise après un combat en 5 sets contre… Novak Djokovic!!!! Nole-Muzza, un nouveau classic du tennis moderne qui semble succéder au duel Nadal-Federer. Sur dur comme sur gazon, ils nous offrent des batailles d’une intensité rare. Alors que la rivalité Rafa-Fedex ressemble à une opposition de style, celle qui oppose Murray au Djoker s’apparente à un combat de boxe. Toujours très proche, la décision se fait souvent sur le fighting-spirit. Du fond de court, ils échangent les points à base de rallyes et de prises de risque maximale. Avant, Murray pouvait tenir sur la longueur grâce à son physique. Depuis sa défaite à l’Open d’Australie 2012, il peut le gagner grâce à mental devenu une véritable arme. Sa victoire d’hier en est une magnifique preuve: dominant tout au long de la partie, il a semblé craquer à deux reprises au 3ème set. A 2-0 pour lui tout d’abord, quand « Djoko » lui aligne quatre jeux consécutifs. Puis à 5-4 et 40-0 où il vendange trois balles de matchs attendus par tout un peuple. Mais le Murray de Juillet 2013 n’est plus le même, et il sauva deux balles de break avant de l’emporter sur un énième faute directe du Serbe. Un moment d’émotion réel, pour lui comme pour tous les fans de tennis.
Car si il est d’usage de pointer du doigt les losers, il est tout aussi logique d’apprécier la naissance d’un nouveau champion. Par son courage et sa volonté d’écrire l’histoire, il a su faire taire les critiques. Dans une époque où la principale explication à la défaite se résume au bal des excuses, Murray a su se regarder en face et réagir intelligemment. Par le biais de ses décisions et l’arrivée d’Ivan Lendl dans son cercle, il est devenu le winner qu’il a toujours voulu être.

Victorieuse, Marion Bartoli elle l’est devenu samedi suite à une finale magistralement maitrisée.
Une victoire obtenue grâce là encore à un mental hors-norme. Pendant que les favorites sautaient jour après jour, la française a su rester « focus » et faire son petit bonhomme de chemin. Oui elle a gagné Wimbledon sans battre une seule adversaire mieux classée qu’elle. Statistique rabâchée par les rageux qui oublient de souligner que le niveau de jeu proposé par Bartoli fut tout juste excellent. Deux semaines tennistique parfaite, avec des variations de jeu surprenantes en finale et une intelligence dans l’organisation de ses points qui balayent toutes les critiques.
Le plus dur sera dorénavant de se maintenir à ce niveau, et de confirmer face aux patronnes (Serena, Sharapova, Aza, Radwanska) qui sont toujours au-dessus. Mais la joie d’une première victoire en Grand Chelem reste un grand moment de sport et rien que pour cela, ce Wimbledon 2013 féminin est une belle réussite.
L’autre image marquante de cette finale fut la déception de Sabine Lisicki, en larme sur le terrain. Une nervosité aussi compréhensive que triste pour une joueuse qui aura scalpé les numéros 1 et 4 mondiales pendant ce tournoi (s’il vous plaît). A la ramasse tout au long du match, « Lisi » a craqué au moment où elle devait se relever: preuve que le tennis est un sport où le mental prime sur tout le reste. Andy Murray peut confirmer.

JB.

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One Comment on “Gazon béni”

  1. Petit Chelem dit :

    Murray n’est pas mon joueur préféré, loin de là, mais cette victoire à domicile était belle ! 🙂

    N’hésite pas à venir sur mon blog : http://petitchelem.wordpress.com
    Twitter : @Petit_Chelem


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