Vert de rage

Paul+Pierce+Boston+Celtics+v+Atlanta+Hawks+egT6nsdOjMJlPhoto vintage: merci Danny

Le 10 juillet prochain, Paul Pierce sera officiellement transféré aux Nets de Brooklyn. Un véritable choc pour une partie des fans de la ligue habitués depuis toujours à voir PP évoluer sous le maillot de Boston, lui qui représentait l’âme des Celtics. Une légende des « Verts » qui s’inscrit dans la lignée des Bill Russell, John Havlicek et autres Larry Bird. Le transférer, c’est « tuer le club ». Un joueur d’une race à part, celle de vrai basketteur qui a pour ADN l’identité des Celtics. Boston est une franchise particulière dans la ligue, une des dernières qui vit avec son histoire et repose sur des symboles: elle vient de perdre celui qui l’incarnait mieux que personne depuis 1999.

Car Paul Pierce a toujours été fidèle au club du trèfle. Fidèle dans le sens le plus noble du terme, à savoir dans la difficulté. Quand Vince Carter simulait une blessure pour quitter Toronto, quand LeBron James partait rejoindre ses potes à Miami ou lorsque Chris Paul décida de ne pas prolonger son contrat avec les Hornets; « P-Double » de son côté resta dans le Massachusetts malgré des saisons plus que difficiles. Pierce aurait pu faire chier son monde pour se faire trade. Il aurait pu aussi jouer pour sa pomme, quitte à détruire le jeu de son équipe afin d’établir des records personnels comme Kobe Bryant l’avait décidé après le départ du Shaq. Il n’en fut rien: « The Truth » a toujours joué pour sa franchise, en pensant collectif. Un professionnel comme on en fait quasiment plus en somme.
Plus qu’un joueur, Boston perd une entité du club. Un des joueurs les plus élégants de la décennie, un maitre du un-contre-un qui a émerveillé les fans grâce notamment à ses nombreux game winning shot. Un dur au mal, qui n’a eu pour unique objectif de replacer les Celtics sur la carte de la NBA après des années 90 bien moroses. Dès son année rookie, l’ancienne star de Kansas illumine la NBA par sa classe: le début d’une immense carrière qui l’a emmené à plus de 24 000pts sous le maillot blanc et vert. Ses 46pts en seconde mi-temps contre les Nets en décembre 2001, son Game 5 vs Philly en 2002 (46pts à 16/25), l’incroyable comeback lors du Game 3 vs New Jersey la même année, le titre de 2008, sa saison 2008-09 ou encore l’aventure en playoffs de 2012; il aura marqué de son empreinte un club déjà habitué aux moments de basket fabuleux. Un ailier offensivement sans limite qui aurait pu tourner à plus de 30pts par match s’il l’avait voulu. PP force le respect aussi bien par ses performances que par son abnégation. Dans les rumeurs de départ depuis plusieurs mois, Pierce a continué à jouer comme si de rien n’était et s’est donné cœurs et âmes en playoffs.

bos_g_danny-ainge_mb_576Danny The Dog

Malgré son transfert et comme Patrick Ewing avec les Knicks, Paul Pierce sera toujours associé aux Celtics. Mais le voir sous un autre maillot que celui de Boston est une des images les plus difficiles à imaginer. Danny Ainge vient de rendre l’impensable réel, soit disant pour le bien de son équipe. Une décision qui restera pour toujours impardonnable. Bien entendu, un GM doit penser à l’avenir mais parfois l’individu se situe au-dessus de toutes considérations sportives et financières. Peu importe si Pierce rendait Boston moins compétitif l’an prochain, il ne méritait pas d’être transféré. A l’heure où les sportifs sont taxés de « mercenaires » ou que les stars de la NBA font caprices sur caprices, l’ancien coach des Suns a pris la lourde décision de se séparer d’une perle. Lui l’ex membre des champions NBA 1984 & 1986, qui en connait donc un rayon sur l’attachement du public vert pour ses idoles. Un manque de considération qui s’apparente à de l’ingratitude. L’esprit Celtic vient d’en prendre un coup sur le logo et bien que le #34 soit évidemment retiré dans quelques années, la cérémonie aura un goût d’inachevé.

Brooklyn fait une belle affaire de son côté en récupérant un très grand professionnel, qui on le sait déjà donnera tout pour sa nouvelle équipe. Son expérience, ainsi que son talent et sa clutch attitude feront le plus grand bien à une franchise qui commence à écrire son histoire.
Mais une page de la NBA s’est tournée cette nuit: Boston c’était mieux avant… car il y avait Paul Pierce, tout simplement.

JB.

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2 commentaires on “Vert de rage”

  1. Malgré les doutes, je ne voyais vraiment pas Ainge transférer Pierce. La contrepartie est pour moi bien trop faible, on verra mais l’avenir de Boston est en pointillé. Manque plus que Walker au coaching et on repart sur la période 1996-2001… Ainge va avoir une vague de haine par les fans et la ville. Je ne vois vraiment pas Pierce sous un autre maillot, heureusement que les Nets sont passé à Brooklyn, parce que l’ancien maillot et cette vieille salle moisie (pourtant j’adore les anciennes salles), ça aurait fait tâche.

    • coup2sport dit :

      Ainge a rien compris avec ce trade, il reconstruit sur du vent.
      Le Barclays Center mérite des grands joueurs comme Pierce.
      Par contre KG qui dit  » je suis à vie un Celtic  » et qui valide, ça rajoute une ligne à son palmarès.


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