Nadal-Federer, Games of throne

195797-roger-federer-rafael-nadal » c’est lui qui va prendre ma place ??? « 

12 Grand Chelem, 24 Masters 1000 (record) et une quasi invincibilité sur Terre battue. Un CV long comme la raquette, rempli de records et de victoires. Tellement lourd qu’il est enfin temps de se demander si Rafael Nadal n’est pas tout simplement le meilleur joueur de l’histoire du tennis, n’en déplaise aux fans de Roger Federer.

Oui Federer compte plus de Grand Chelem que Nadal. Mais le palmarès obtenu n’a pas le même prestige si on se penche sur le dossier.
En effet, peRFect a amassé une bonne partie de sa collection de trophées lors d’une période où le tennis masculin se cherchait un second souffle, celui où il y a plusieurs patrons et non un seul roi qui fait face à une tonne de valets. Force est de constater que l’après Sampras fut moins passionnant et surtout moins difficile que l’ère du Big Four. Pour preuve, depuis la retraite de Pistol Pete un bon nombre de surprise d’un jour sont parvenus en finale voir même à la victoire en Grand Chelem. Des one shot player qui avaient pour nom Rainer Schuttler (Melbourne 2003), Martin Verkerk (Roland Garros 2003) ou Gaston Gaudio (Roland Garros 2004).
« Rodgeur » a gagné des Majeurs contre Mark Philippoussis, Marcos Baghdatis voir Fernando Gonzalez; loin d’être des foudres de guerre. Bien entendu, le résultat prime sur tout et un titre reste un titre. Battre un joueur dans la forme de sa vie n’est pas chose aisée; mais on évoque là l’idée de prestige et il y a une réelle différence entre Federer et Nadal.
De fait sur les 17 Grand Chelem qu’a remporté le Suisse, « seulement » deux l’ont été contre le Majorquin. Nadal lui a gagné la moitié de ses Majeurs (6) contre Federer. Le reste de ses consécrations? Toujours contre des top 5, à l’exception du dopé Mariano Puerta à Roland Garros 2005 et d’un Tomas Berdych à Wimbledon 2010 qui venait de s’offrir Federer puis Djokovic.
Un bilan de 8-2 en faveur de l’Espagnol dans les affrontements en Grand Chelem qui pèse très lourd dans la balance.
De plus, « Rafa » l’a battu sur les trois surfaces alors que Federer ne s’en est tiré que sur gazon.
Enfin, l’Espagnol est allé détrôner le roi dans son propre jardin de Wimbledon. C’était en 2008 au cours d’un match légendaire. Dans le même temps, Federer n’a jamais fait mieux qu’une défaite en 4 sets à Porte d’Auteuil. Excepté dans les tournois indoor, le Suisse a pris sa part comme jamais et on voit mal comment cela pourrait changer dans les semaines à venir.

Nadal a détruit Federer psychologiquement, il l’a peu à peu esquinté à coup de combats mémorables… et même de raclées: Roland Garros 2008, Miami 2011, Rome 2013; où l’art de voir un Suisse prendre des valises… mais sans billets. Oui Federer est un meilleur tennisman que Nadal, grâce à son élégance et son génie naturel. Mais Nadal est un joueur de tennis plus fort, avec tout ce que cela comporte: mental, physique et travail. En d’autres termes, Federer pourrait jouer dès demain sur l’eau, Nadal non. Mais après un an de boulot sur cet élément, l’Espagnol battrait le Suisse.
La Rafale dévaste tout sur son passage grâce à sa rage, sa force de travail qui ne devrait inspirer que respect et admiration. Après une razzia impensable sur Terre battue, il se met en tête de gagner ailleurs que sur l’ocre; alors il travaille son service, sa volée et arrête de défendre sans cesse pour conclure plus rapidement les points.
Ce changement fait gonfler son palmarès de façon vertigineuse: Wimbledon, Melbourne, US Open, Jeux Olympiques, Masters 1000 et même une victoire sur Michael Llodra; bref tout y passe. Afin de rester dans sa boulimie de trophées, « Rafa » progresse en permanence, s’adapte à son époque et réagit parfaitement à l’exigence de son propre tennis.

Fat Comeback
Mieux encore, Nadal est unique par sa capacité à revenir de blessures. Son jeu repose énormément sur son physique et il ne peut pas jouer à l’économie sur le long terme. Par deux fois dans sa carrière, il a sû revenir au top niveau après une longue absence:
– en 2009 tout d’abord, où après sa défaite historique contre Robin Soderling, il prend ses distances avec les courts pendant plusieurs semaines. A son retour il est dans le dur et c’est en demi-teinte qu’il termine sa saison. De nouveau blessé à l’Open d’Australie, il stoppe la machine un mois pour faire un comeback de mammouth: il remporte Monte-Carlo (où il ne perd que 14 jeux), Rome et Madrid pour être le premier homme à remporter les trois Masters 1000 de Terre battue la même année, ainsi que Roland Garros bien sûr (sans perdre le moindre set) mais aussi Wimbledon et l’US Open.
– en 2013 donc, avec seulement 2 défaites au compteur à cette heure-ci.
Musclor a disputé 9 tournois depuis son retour: 7 victoires et 2 finales. Même avec des coups de moins bien, il reste le goinfre qu’il a toujours été: celui qui domine adversaire par adversaire, les uns après les autres en mettant une intensité maximum dès le premier échange de la partie.

Car le taureau de Manacor a pour habitude de prendre le dessus sur tous ses concurrents. A l’exception de Nikolay Davydenko, il affiche que des duels positifs face aux cadors du circuit. Outre le bilan de 20 victoires pour 10 défaites contre le Fedex, on note les 72% de succès contre Andy Murray et Juan Martin Del Potro ainsi qu’un monstrueux 83% contre David Ferrer, son sparring-partner préféré. Seul l’immense Novak Djokovic résiste (20V-15D)… sauf dans les Grand Chelem où la différence saute aux yeux: 7 victoires sur 10 pour « Rafa » !!! Ses seules défaites? En 2011-début 2012, période où le Djoker pouvait gagner en jouant de la main gauche tellement il évoluait dans une autre dimension. Cette faculté à être plus fort face à l’adversité et dans les grands matchs reste toujours fascinante. Chaque fois plus fort, Nadal continue de surprendre en permanence et d’estomaquer le public comme ses rivaux. Il a mis fin à la domination de Federer, résister à l’explosion de Nole et empêcher l’éclosion d’un Andy Murray qui n’a vu le jour que pendant sa longue absence de 2012. Les autres? Il les a renvoyé réviser leurs gammes, un par un. Le tout avec un fair-play unique et un charisme propre à lui, fait de discrétion et de combativité.

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Et si son niveau de jeu hausse et devient vite foudroyant c’est grâce notamment à un coup droit absolument unique.
Oui Federer sait tout faire, mieux que tout le monde dans l’ensemble mais il n’a jamais eu dans son répertoire une arme aussi dévastatrice que le coup droit lifté de l’Espagnol. Une gifle d’une violence inouïe que seul Djokovic arrive plus ou moins à dompter: il y en a qui ont essayé d’imiter le Serbe, ils ont eu des problèmes. Cela dit il est très rapide. 5 000 tours minutes, quand la moyenne des autres joueurs se situe aux alentours de 2 500. Une différence ahurissante qui change la donne: Nadal peut être débordé tout au long d’un échange et reprendre le dessus en un coup de raquette. Une erreur, un relâchement de son vis-à-vis et la sanction tombe dans la seconde. Face au bon qui joue comme une brute, il faut se comporter comme un truand.
Don Rafael a également participé à la naissance d’un nouveau style de match, les marathons, où la règle principale est de jouer de mieux en mieux plus les minutes défilent. Contre Coria (Rome 2005), Federer (Monte-Carlo 2006, Rome 2006, Wimbledon 2008, Melbourne 2009 et 2012), Verdasco (Melbourne 2009) et surtout Djokovic (Hambourg 2008, Madrid 2009, Miami 2011, Melbourne 2012, Roland Garros 2013); il participe à des combats monumentaux où l’intensité prévaut sur tout le reste. Des classics en pagaille qui démontrent qu’il n’est jamais aussi impressionnant que dans la difficulté, tout en revendiquant son amour  » pour la souffrance « .

Nadal a démontré tout au long de sa carrière qu’il était déjà un des plus grands sportifs individuel du sport. Après avoir dominé la période la plus faste de l’histoire du tennis masculin, il devrait s’imposer naturellement comme le maître de sa discipline. Sa nationalité ainsi que son jeu basé sur la puissance physique jouent en défaveur pour ce titre officieux de meilleur joueur de tennis de tous les temps. Il reste encore beaucoup de réfractaires au Roi de la Terre battue qui refusent d’accepter le fait qu’il a dépassé le chouchou Suisse dans la hiérarchie. Si tout se déroule comme prévu, ils ne pourront que se rendre à l’évidence quand « Rafa » prendra sa retraite. Car pour rappel, il n’a que 27ans et la moisson est loin d’être terminée.

JB.
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