Argent facile

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 » tu verras quand tu viendras au mercato, les français te laisseront tranquille « 

Radamel Falcao !!! 60 millions !!! Un nom et un chiffre qui font mal aux yeux. Après les arrivées de James Rodriguez, Joao Moutinho et Ricardo Carvalho; l’AS Monaco a encore frappé très fort. Un poing sur la table posé par Dmitry Rybolovlev qui dépense l’argent comme Jérémy Ménez rate les occasions; à savoir sans compter ni sourire.
Un recrutement taille Galactique qui place le club de la principauté déjà tout en haut de la hiérarchie européenne… et de la critique. Car oui, au lieu de se réjouir de ce casting de rêve qui débarque en Ligue 1, la plupart des français font part de leur mécontentement. Une spécificité française qui mêle méconnaissance footballistique et paradoxe.

L’arrivée des Qataris au PSG fin 2011 a réveillé toute la bêtise du fan de foot. Chaque acteur y est allé de sa critique alors que le but premier de cette venue est de tirer le football français vers le haut, lui qui est si bas.
Les supporters tout d’abord sont montés au créneau : en effet, un déferlement de haine du PSG s’est abattu tel un tsunami sur l’ensemble des forums internet et autres réseaux sociaux. Ces mêmes supporters qui ont pour idéal une Ligue 1 attractive remplie de stars ont craché sur le club qui leur apporte le début de ce rêve. Le PSG ramène Pastore, Lavezzi, Zlatan et Thiago Silva soit 4 joueurs de classe mondiale avec notamment une superstar et le meilleur joueur à son poste? Non, c’est trop.
Bizarre venant de personnes qui passent leur temps à fantasmer sur le Barca et autres Manchester United : le footix aime le clinquant, mais ailleurs que dans son pays.
De plus, pour rajouter un peu de stupidité à cette mentalité, le côté chauvin apparait. L’AS Monaco est étiqueté « club à part », du fait de son statut de Principauté : rassurez-vous, quand il s’agit de prendre les points UEFA et les joueurs du centre de formation pour faire briller l’équipe de France, le club redevient bien français.
Combien de fois avons-nous entendu cette saison que le PSG n’était plus « un club français »? Pourtant quand Arsenal aligne 11 joueurs non-anglais, ça ne dérange pas autant : rappelons quand même aux intéressés que tout français qu’ils sont, les Thierry Henry, Robert Pirès, Patrick Viera et autres Sylvain Wiltord étaient étrangers en Premier League.

La roue tourne
De plus, la venue des qataris et des russes dans le football français s’inscrit dans une certaine logique. L’argent est devenu inévitable dans le football aujourd’hui et rien de choquant à investir dans ces grands clubs. Le PSG a une histoire, un vrai palmarès, reste un gros nom européen des années 90 et est incontournable du fait qu’il soit le club de la plus belle ville du monde. Monaco? 7 titres de champion, 5 coupes de France et des épopées mémorables en Coupe d’Europe. Bref, rien à voir avec Manchester City qui tente de s’acheter une histoire à coup de pétrodollars. L’argent booste des clubs historiques qui pourront à terme relever un championnat qui manque cruellement d’intérêt.
Mais l’argent a une odeur particulière quand il se dirige vers certains et non vers d’autres. En France, l’apparition de QSI et Rybolovlev a révélé deux types de président:
– les amnésiques tout d’abord, symbolisé par Jean-Louis Triaud et Vincent Labrune.
Ah ils sont beaux les donneurs de leçons qui oublient que leurs clubs respectifs ont fait leur histoire grâce à l’argent, et qui ont pour chance d’avoir explosé à une époque où le football était bien moins médiatisé. Sérieusement, Claude Bez qui fait venir Fernando Chalana, la star portugaise de l’Euro 1984, c’était pas grâce l’argent peut-être?
Honnêtement, Bernard Tapie qui se paye Chris Waddle à la fin des années 80 pour le troisième plus gros transfert de l’histoire, c’était pas grâce à l’argent peut-être?
Et aujourd’hui ça vient crier à l’injustice financière? La jalousie est un vilain défaut.
Car Bordeaux prenait toutes les stars françaises au début des années 80, complétait l’effectif avec des gros blazes étrangers, afin de jouer dans la cour des grands.
Il y a 25ans, l’OM empilait les grands noms un par un pour rivaliser avec les clubs mythiques tel que le Real de Madrid ou le Milan AC.
En d’autres termes, on était de droite et capitaliste avant, on est d’extrême gauche et pour le partage aujourd’hui.
– les hypocrites ensuite, symbolisé par le très grand Jean-Michel Aulas. Ah la pleureuse du Rhône qui d’un coup d’un seul oublie les différences économiques pour mieux refourguer à prix d’or ses joueurs qui ont très peu de valeur : « on va se féliciter de l’arrivée du russe qui pourrait nous racheter Gourcuff » #Aulasmind
Mais ne vous inquiétez pas, en décembre prochain quand Lyon sera déjà bien distancé par les deux ogres que sont Monaco et le PSG, il nous ressortira son fameux « c’est celui qui investit le plus qui a le plus de chances de gagner » Oui Jean-Mimi, sauf qu’il ne faut pas oublier de préciser que le plus important est celui qui a le flair pour investir intelligemment.
Avoir de l’argent dans le football, c’est bien et utile.
Savoir le gérer, c’est mieux et fondamental.
C’est sûr qu’en lâchant 25M pour Gourcuff, 18M pour Kader Keita ou encore 14M pour Ederson; ça aide pas pour venir titiller les grosses écuries. Et oui, encore une fois l’argent ne fait pas le bonheur.
Les acteurs du football français se mentent : ils préfèrent pointer du doigt autrui que de se regarder dans la glace pour y voir leurs erreurs.
Didier Drogba est parti pour 37M, Michael Essien pour 38M, Mahamadou Diarra 26M, Karim Benzema pour 35M, Eden Hazard pour 40M… on a vu ce qu’il y a eu derrière.
Le problème n’est donc pas l’argent, mais plutôt l’argent qu’on a pas ou qu’on a plu. Il est évident que les sommes dépensées dépassent l’entendement mais si les autres clubs avaient cette manne financière, se priveraient-ils? Non, voir Jean-Michel Aulas qui a longtemps fait la loi dans le football français : c’était avant d’avoir les yeux plus gros que le ventre et la chute n’en fut que plus violente.

En France, on fantasme sur les performances du Barca et celle du Real Madrid. Vu les joueurs et le jeu pratiqué, c’est compréhensible. Mais ça reste avant tout deux clubs surendettés qui dépensent à tout va et mettent des manita chaque weekend à des adversaires à la rue financièrement. Et là personne ne s’offusque du fait que les droits télévisuels ne soient pas redistribués de façon égale. Mieux encore, on repasse en boucle à la télévision les raclées catalanes rebaptisées « démonstration » alors qu’un 3-0 des parisiens en L1 est jugé « normal » : la cohérence à son meilleur.
Les autres clubs français devraient se réjouir de voir des grandes stars arriver dans le championnat, synonyme de joli chèque grâce à des droits TV qui vont sérieusement augmenter dans les années à venir. Car désolé pour les âmes sensibles, mais un duel Ibra-Falcao est plus facile à vendre qu’un Gomis-Khlifa.
Au final, la différence de jugement interpelle : quand le Barca prend David Villa à un Valence qui n’a plus le choix vu ses finances, c’est un recrutement. Quand le PSG s’offre le quatuor fantastique, il pille un Calcio qui va mal.

Pour couronner le tout, les journalistes confortent le supporter de base dans son idée. La majorité des critiques sur les défaites des riches de Paris furent nombreuses cette année : quand le LOSC perd, c’est un collectif qui subit la défaite. Quand c’est le PSG (et bientôt Monaco), c’est la victoire sur la différence et la chute du tout puissant.
Mais comme toujours, on zappe les grands discours dès qu’on dépasse les frontières.
Le dernier exemple en date reste Sir Alex Ferguson, le mythique entraineur de Manchester United. Retraité, il reçoit un vibrant hommage mille fois mérité pour ce coach légendaire. Mais bizarrement, pas un mot sur les finances de son club, l’institution MU qui croule sous les dettes depuis des années tout en s’offrant des stars à la pelle et en encaissant des montants records dans les transferts.
Alors oui pour critiquer les sommes extravagantes du football professionnel qui peuvent paraitre indécentes. Mais non si on le fait que pour certains : tout le monde doit être logé à la même enseigne et force est de constater qu’en France, le footix oublie cette maxime.

JB.

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2 commentaires on “Argent facile”

  1. Boum, ça c’est envoyé. Je ne suis plus du tout le foot depuis 2002, juste de loin avec les résultats et quelques « highlights ». Quand j’ai vu les transferts d’Ibra et compagnie au PSG, première réaction comme beaucoup en France, putin de pognon! Non pas parce que c’est Paris, mais le fait que ça soit la propriété du Qatar. Maintenant si on relativise et qu’on réfléchit, si la France veut exister et perdurer au plus haut niveau européen et Mondial, c’est avec les émirs et autres ultra milliardaires. Les clubs plus modestes crieront au scandale car l’équité n’existe plus, malheureusement, dans n’importe quel championnat à quelque chose près, c’est toujours les mêmes qui sont en haut de l’affiche.

    • JB. dit :

      Effectivement, c’est le seul moyen pour que ça perdure dans un pays comme la France, où le football n’est pas imprégner dans la culture.
      Maintenant, il faut penser long terme et se dire qu’avec une bonne mentalité et une belle dynamique, ça peut redevenir impressionnant.
      Et si les sommes viennent à chuter dans les autres pays, ça sera pareil en France.
      Je pense qu’il ne faut pas réfléchir en terme de chiffres mais en terme d’époque: aujourd’hui, le moindre bon joueur vaut 15M.
      Il y a 20ans, c’était un transfert record.


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