Un Melodrame de plus

no brain no gain

Game 6 cette nuit, les Knicks de New York sont éliminés par les Pacers d’Indiana.
39pts à 15/29 et 8/8 aux LF, 7rbs, 3to, 2pds dont 2/7, 3to et une passe en 4ème QT: des chiffres qui symbolisent à la perfection le phénomène Carmelo Anthony en Playoffs. Un énorme scoreur qui ne sait pas se maîtriser, avec une maladresse chronique dans le money-time. Depuis toujours, l’ailier des New York shoote comme on respire et ne s’arrête que lorsque le buzzer final retentit. Tirer sans cesse, mais à quel prix?
Cette année, il n’a jamais autant dégainé de sa vie en playoffs pour un résultat encore une fois décevant. Peut-être une façon de rappeler aux aveugles qu’il n’est pas le grand joueur que certains veulent bien faire croire.

Depuis son arrivée en NBA, Carmelo Anthony jouit d’une réputation de clutch player. Une légende urbaine qui persiste dans l’inconscient collectif malgré les échecs répétés en post-season.
En 10 campagnes de Playoffs, l’ex-pensionnaire de Syracuse n’a jamais été au niveau qui devrait être le sien. Celui d’un joueur dominant, décisif et faisant sentir son leadership.
Dans les Win Or Go Home (match où la défaite signifie le début des vacances), Melo affiche des stats peu flatteuses : 28pts (42.1% aux tirs et 81.6% aux LF), 7.2rbs, 2.1pds, 2.1to.
A douze reprises il s’est retrouvé dans cette situation, à neuf reprises il a été en congé.
Les 4ème QT ne favorisent toujours pas son CV : en effet, il y affiche une moyenne en carrière de 6.8pts (41.1% aux tirs et 83.8% aux LF), 0.9rbs, 0.5to et 0.3pd.
Enfin, en ce qui concerne les tirs offrant la victoire aux siens dans les dernières secondes d’un match, ça ne s’arrange guère. UN SEUL GAME WINNING SHOT. UN SEUL !!!! Vu que c’est unique, autant en parler : c’était contre les Mavericks au Game 3 de la demi-finale de conférence 2009 et les Texans ne s’en relèveront pas. Un fait d’arme qui a marqué les esprits mais qui cache la vérité.
Car à part ça : rien.
Ah si… Un assemblage de briques qui rendrait presque jaloux les architectes de Toulouse.
Carmelo shoote, il ne fait que ça et ça rentre rarement. Il force, et peu importe le résultat, il continue. Il profite de ce statut d’intouchable lié à son talent pour ne pas se priver.
Depuis son arrivée à Denver, il se rate toujours en Playoffs à quelques exceptions près.
En 2004, il termine son dépucelage par un cultissime 1/16.
En 2005, 42% aux tirs. Progression de 10% par rapport à l’année précédente et un gros 4ème QT, on applaudit pas trop fort.
En 2006, il s’offre 5 matchs à 33.3% aux tirs en moyenne. Dans le match 1 et afin de justifier son statut de clutch player, il râte 3 tirs dans la dernière minute pour un total de 0/8 en 4ème QT.
En 2007, c’est champagne : près de 27pts à 48% aux tirs avec 8.6rbs par match. Vous avez bien lu.
En 2008, on reprend les bonnes vieilles habitudes : des matchs à 40% pour une série à 36.4% grâce à un magnifique 5/22 au Game 3.
En 2009, c’est l’apothéose : régulier, de vrais gros matchs, impérial contre Dallas et un tir décisif au palmarès. Il s’écroule en milieu de finale de conférence face aux Lakers mais ne soyons pas trop exigeant.
En 2010, un récital au match 1 (42pts à 18/25) puis on est irrégulier et on part en vacances sur un 6/22. Izi
A l’intersaison suivante, direction Big Apple … pour du changement ? Pas vraiment :
– 2011, il rate le tir de la gagne au buzzer lors du match 1, fait un très très gros match 2 (42-17-6) et se troue royalement les deux matchs suivants lors d’un sweep mémorable face aux Celtics.
– 2012, on sort une énorme performance au match 4 (41pts avec un trey important à 55 secondes de la fin) pour éviter un nouveau coup de balais, malheureusement insuffisant pour nous faire oublier ses 3/15 et 7/23 des matchs 1 et 3.
– 2013, hassoul à vous de jugez.

Voilà, c’est ça Carmelo Anthony en Playoffs. Des statistiques qui stagnent, une irrégularité effarante pour un joueur de son statut et aucune remise en cause. De sa part comme de celles des juges.
Car la grande majorité des internautes et experts oublient que Melo reste un joueur ne sachant être dominant que par le biais du scoring. Un attaquant formidable mais limité sur le reste : sans un bon pourcentage ou un coup de chaud, le #7 des Knicks est une arme factice. Pourtant, les critiques se font rares et/ou sont vite oubliées sur un shoot victorieux … en saison régulière.
Et, là pour le coup, Melo y est décisif : Chicago, Memphis, Indiana, OKC, Toronto, L.A Lakers, Atlanta, Phoenix, Houston, Minnesota, Cleveland ; pas mal de franchises ont vu leur bilan alourdi d’une défaite à cause de lui. Des tirs tous aussi beaux et purs les uns que les autres.
Mais les Playoffs restent LE terrain de vérité, LE rendez-vous qui séparent les grands joueurs des très bons joueurs.
Avec Melo, ce sont les soldes d’été dès fin Avril : -35%, -40% ou -45% chaque jour. Parfois dans un élan de générosité, il ose le -50% mais malheureusement pour ses clients, il est radin.
Anthony crie sur tous les toits qu’il aime la pression ? On aimerait surtout voir ce que ça donnerait s’il la détestait.

Malgré tout, il est moins critiqué que d’autres.
La différence de traitement avec certaines grandes stars de la ligue est stupéfiante.
Oui, Kobe arrose et force lui aussi depuis sa plus tendre jeunesse. Mais Kobe défend comme un pitbull quand Melo est tout juste un yorkshire. Melo a des possibilité grâce à son physique mais il abandonne vite dans le combat. Bryant, lui, est un battant, un gagneur qui a comme ADN commune celle d’un certain n°23. Le scoring coule dans les veines d’Anthony et il ne vit que par le shoot … pour mieux cacher sa faiblesse dans les autres compartiments du jeu (exception faite du rebond où il est correct).
Autre exemple révélateur du côté intouchable de la star des Knicks : le cas LeBron James.
Avant son titre NBA l’an passé, le meilleur joueur de la ligue fut constamment taxé de manque de clutch et descendu en flèche par la critique comme peu de joueurs avant lui. Après The Decision et ses nombreux ratés période Cleveland, on ira pas exporter nos larmes à South Beach pour lui.
Cependant, force est de constater qu’il y a un gouffre en terme de performances entre les deux. LeBron a beau être moins resplendissant dans ses fins de matchs, il maîtrise totalement son sujet des deux côtés du terrain : au scoring, à la passe, dans l’intensité, sur le plan physique et tout en étant plus que régulier.
Dès la première série de playoffs de sa carrière (contre les Wizards de Washington en 2006), il inscrit plus de paniers victorieux que Melo dans toute sa carrière en post-season… ça pique !
Melo sort un bon match sur cinq et on ferme les yeux.
James en rate 2 sur 10 et on s’attarde sur les échecs.
Deux poids, deux mesures donc au niveau du jugement des performances.

rebound

Rebouuuund!!!

Iso Melo or nothing
L’ex sniper des Nuggets a un jeu trop simpliste pour émerger dans un « jour sans » : il se résume à des coups de fusils dans toutes les positions et quelques prises par-ci par-là.
Une sorte de Dominique Wilkins des années 2000, les dunks de folie en moins.
De plus, il ne sait pas évoluer dans un autre registre que le sien. Cette année, il a été incapable d’être performant en 4 malgré un fessier qui lui permettrait de jouer pivot : un quart de terrain, tout le monde s’écarte, 2-3 dribbles et on dégaine.
Pire, il est nuisible à son équipe. Il croque plus qu’un affamé et n’implique personne. Pour l’adversaire, c’est du pain bénit : soit il le laisse scorer et ses coéquipiers se refroidissent, soit il le laisse arroser et son équipe coule.
Enfin il demande le ballon mais le perd beaucoup.
Après 10 années dans la ligue, aucune progression notable à part peut-être niveau swagg.
La différence avec les autres drafté de 2003 fait peur à voir.
Quand Wade est devenu un joueur intelligent, que LeBron a développé son côté homme à tout faire et que Bosh est apparu comme le premier basketteur mi-All Star mi-pleureuse ; Anthony lui est resté le même, à savoir un scoreur à la fois unique mais néfaste pour son équipe en Playoffs.
On attend autre chose de la part d’un joueur de la dimension de Melo : mieux qu’un ou deux match réussit par série tout du moins.

Malgré toutes ses bavures, l’ailier des Knicks reste très côté. Toujours haut dans les votes du All Star Game, présence dans les All NBA Team ; il a même reçu une voix pour le titre de MVP.
Une totale immunité. Nul doute que si la NBA se mettait en mode Koh-Lanta, Carmelo Anthony aurait le totem avant chaque épreuve … jusqu’au vote final: »les playoffs NBA ont décidé de vous éliminer Carmelo et leur sentence est irrévocable » #DenisBrogniartvoice

JB.

Publicités

4 commentaires on “Un Melodrame de plus”

  1. Même Tracy Mc Grady qui n’a pourtant jamais passé un tour de playoffs quand il était au top (donc exclu cette année) réalisait de grosses perfs malgré un effectif pas toujours à la hauteur. Melo est en train de devenir le plus grand loser de la décennie, à cause aussi d’une popularité inexpliquable. Il y a l’ère honteuse de l’après Ewing, un espoir avec la prise de pouvoir de Stoud et l’arrivée d’Anthony a tout cassé. Tant qu’il jouera aux Knicks, ils ne seront jamais un candidat sérieux pour le titre.

    • coup2sport dit :

      De ton avis dans l’ensemble.
      Juste un désaccord sur Stoudemire qui je pense a besoin de monde autour de lui pour être dominant et avoir de l’impact. L’association avec Melo est mauvaise, mais je pense que lui donné les clés serait aussi une erreur.
      Ce n’est pas un leader, et son jeu est trop standard pour faire la différence. Nash lui a énormément apporté à Phoenix par sa créativité, et Matrix l’a soulagé à la bonne époque.
      Entouré oui, mais en première option je doute fortement.

      • Ah ben maintenant, c’est terminé pour Stoud. Blessé la plupart du temps, il peut être potable en 3ème option. En 2010-2011 avant l’arrivée de Melo, dès sa signature, j’avais peine à croire qu’il reussirait, car il a évolué avec Nash justement. Mais il a montré de belles choses et presque de la domination, l’équipe était bien équilibré avec Chandler, Felton plus régulier etc…Enfin tout ça, c’était avant le drame bien entendu @Dubosc.

      • coup2sport dit :

         » Et pour la déconne, j’ai finis en bombe « 


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s